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Montres et histoires d’un passionné d’horlogerie.

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ALTO : la recherche du beau

Le secteur horloger voit apparaitre énormément de micro-marques ces dernières années. Chacune cherchant à amener sa vision, se créer son histoire pour asseoir sa légitimité et embarquer le public. Souvent avec les mêmes codes d’ailleurs. L’obsession du vintage, l’exercice quasi obligatoire de présenter sa plongeuse/toolwatch et la quête de se créer son lore afin d’asseoir un peu plus sa légitimité.

Puis il y a Alto, jeune marque fondée par Thibaud Guittard qui vient avec une proposition assumée de créer un objet artistique prenant la forme d’une montre.

Très épurée mais à la fois extrêmement travaillée, on comprend très vite que la ART 01 d’Alto sera radicale dans sa conception. Et ça fait du bien.

Pas de hasard

Dans cette quête de perfection tout semble maitrisé, chaque compartiment de la marque est confié à un expert en son domaine.
Du design à la direction artistique, de la chorégraphie du film publicitaire aux artisans en charge du mouvement, à chaque fois on y retrouve une pointure.

Cela rend l’ensemble cohérent. Car oui, ça semble évident quand on apprend que la DA est en partie portée par Mathieu César. Du noir et blanc, un amour pour les formes acérées, futuriste, un ancrage industriel, ça coule de source.
Idem pour le mouvement A01 développé par Le Cercle des Horlogers. Outre l’aspect technique, le design sert l’objet et colle à la vision globale de la montre. Oui, encore une fois, évident.

J’aime beaucoup le fait de ne pas faire de concession, d’assumer pleinement que l’objet horloger qui sera créé doit aller dans la direction que souhaite prendre la marque.
Evidemment j’imagine qu’il y a eu des phases exploratoires avant de sortir une première version, du travail de R&D et pas mal de choix à prendre mais quand on voit ce qu’il en ressort, ça vise juste du premier coup.

Des références constantes

Le boitier présente une multitude de faces, des lignes vives, des angles acérés, et un saphir lui aussi anguleux qui vient se poser en donnant encore plus de caractère au cadran. Il déforme autant qu’il ouvre sur le cadran, assez perturbant et très photogénique.
Le travail semble être pharamineux. Un niveau de détail impressionnant, entre le poli brossé et les chanfreins, tout est dans le détail.

Si Thibaud Guittard, le créateur, évoque Christopher Nolan, je ne peux m’empêcher de penser à Denis Villeneuve quand je vois ce boitier qui semble être tout droit sorti de Dune ou Blade Runner 2049. On sent aussi des références architecturales constantes.

Quant au cadran et ses persiennes, il fait inévitablement penser à l’univers automobile et nous renvoie aux Lancia Stratos, Matra-Simca Bagheera et autres sportives.
L’aspect rétrofuturiste allié à la parfaite exécution rendent ce cadran obsédant.
J’y vois aussi une armure d’un samouraï du Japon féodal qui aurait rencontré le carrossier Bertone. Très réussi selon moi.

Puis les détails, toujours. Ces petits « traits » et annotations qui laissent à penser qu’on est sur un dessin technique avec leurs cotations. On retrouve aussi cela sur le fond de boite avec les spécificités du mouvement.
Tout ça combiné à la forme du mouvement, on croirait voir un blueprint.

Assumer et oser

Alors bien sûr tout cela a un coût (aux alentours de 20k€) mais qu’est ce que c’est rafraichissant de voir ce type de projet sortir.
Ici on assume sa vision, on s’entoure de ceux qui savent, on ose et on propose.
Et j’aime cette idée d’une création ex nihilo, sans références horlogères.

Hâte de voir la suite qui devrait arriver sous peu. Les premières images du bracelet intégré qui va équiper la ART 02 confirment déjà qu’Alto sait précisément où ils souhaitent emmener leur projet.

Site : altowatches.com

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