LE FERMOIR
Montres et histoires d’un passionné d’horlogerie.

Mood | À propos | Contact

L’accident horloger : Comment naît une passion pour l’horlogerie

Contexte

Saint-Denis de la Réunion, 2001, mon père se fait percuter par une voiture alors qu’il était à moto. Genre percuter violent.

Coude fracassé en plusieurs morceaux, des heures de chirurgie pour reconstruire l’os, des jours immobilisés à l’hôpital et un coude qui ne se dépliera plus jamais à 100%. Après enquête, nous apprendrons que la conductrice était en tort et non assurée.

Bingo, mon père se fait dédommager et souhaite s’offrir un cadeau. C’est décidé il veut une montre, et une belle montre. Pour les motos mon père est un vrai passionné. Du genre à faire venir une Kawa H2 750 de 72 par container à la Réunion pour assouvir un rêve d’ado. Pour les montres en revanche c’est un pragmatique.

Une belle voiture sportive c’est une Porsche et une belle montre, c’est donc forcément une Rolex. Son choix est fait, ce sera une Submariner 16610 acier.

Et en 2001 pour avoir une Submariner acier en magasin, je vous laisse imaginer ce qu’il faut faire… En réalité, il suffisait simplement d’aller en boutique, payer et repartir avec.

J’ai volontairement mentionné que c’était à la Réunion pour encore plus vous faire comprendre qu’à cette époque, même en outre-mer où ils étaient peu à être AD (Kalidas uniquement de mémoire à la Réunion), c’était « simple » d’acheter une Rolex.

Le voilà donc avec sa montre et moi, âgé de 9 ans je regarde cet objet complètement fasciné.

La découverte

Pendant mon adolescence je lui demandais souvent de me la prêter pour que je puisse la regarder en détail. Je me souviendrai toujours de mon incompréhension face à cette aiguille qui « glissait » sur le cadran.

Pour moi une montre ça avait une pile et sa trotteuse faisait tic-tac. D’où ma fascination pour cet objet qui venait de déclencher une passion que je garde encore aujourd’hui.

Car je peux vite avoir des lubies. Quand un sujet me plaît je me mets à faire des recherches frénétiquement, à vouloir comprendre l’histoire et me gaver d’infos sur le sujet. Et sans tomber dans des souvenirs fantasmés j’ai encore en tête la sensation de qualité de la montre, la lourdeur et la robustesse qu’elle dégageait.

C’était la première fois que j’avais en main un objet aussi cher, qui était conforme à la description qu’on en faisait et ce pourquoi son prix était si élevé.

Oui, déjà le marketing Rolex était puissant à l’époque.

Mais franchement, j’avais l’impression qu’avec cette montre c’était avoir l’heure en illimitée, tant que tu la portes elle tourne et qu’elle encaisserait sans broncher la vie sous les tropiques.

Et mon père ne s’en ait jamais préoccupé. Randonnée, mer, moto, bricolage, je l’ai toujours vu avec. Une montre est faite pour vivre avec son propriétaire.
Si bien que la première révision a dû être 20 ans plus tard quand il avait remarqué qu’elle prenait un peu de retard.

Sous influence

J’ai gardé cette philosophie. Mes tocantes, je les porte et j’en prends soin certes mais bon, la vie d’une montre est aussi parfois faite de griffure ou micro-rayures.

L’amour du vintage vient aussi de là, j’en suis persuadé. Idem sur mon avis sur Rolex. Leurs professionnelles sont faite pour être utilisées. Pas pour être mise au coffre.

Ah, au fait, l’histoire de mon père avec Rolex ne s’est pas arrêtée là. 10 ans plus tard, il voulait une montre un peu « plus belle ». Naturellement il s’est offert une Sub or/acier.
Pragmatique je vous ai dit.

Photos

La Sub paternelle
Zenith Rainbow circa 90 et Rolex Submariner
Sub version or/acier

Laisser un commentaire